Témoins et résistants

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Ils étaient une centaine pour représenter le département de la Charente, ce dimanche 19 janvier 2020 dans Paris, à l’occasion de la deuxième manifestation nationale et unitaire pour le retrait du projet de loi sur la bioéthique instituant la PMA sans père, partant la gestation pour autrui (GPA). Arrivés pour certains très tôt ce dimanche, pour d’autres dans un deuxième train deux heures plus tard, ces Charentais issus de milieux divers et de classes d’âge différentes ont réaffirmé, une fois de plus, leur conviction dans la Vie et dans l’Être humain, la beauté de cette Vie mais aussi sa fragilité et sa nécessaire défense.

Rassemblés Place de la Résistance, les cortèges venus de toute la France, répondant aux appels d’une vingtaine d’associations, ont cheminé le long de la Seine avant de traverser le Louvre pour enfin aboutir à la Place de l’Opéra. Dans l’actuel contexte de violences politiques et sociales, ce dans une ambiance hivernale et un froid mordant, CRS et gendarmes ont pu – eux aussi et à leur manière – assister à une grande manifestation de plusieurs milliers de citoyens; personnes encore civilisées et éduquées en ce pays. Par la même, une de ces manifestations (les dernières?) les plus hautement politiques. Pas une violence, pas une insulte, pas une seule atteinte aux biens matériels, aucun débordement de quelque sorte… Seul une Marseillaise entonnée au passage devant l’Assemblée nationale, et des policiers dont le casque resté attaché au ceinturon.

Alors que de présidence en présidence, nos « élites » politiques s’acharnent à vouloir déconstruire la Famille et à défaire l’Homme, qu’ils soient de La Manif pour tous ou d’autres associations, qu’ils soient tout simplement des esprits encore libres agissant selon leur conscience, ces manifestants osent encore clamer non « leur » vérité mais la Vérité de la nature humaine. Décriés, stigmatisés, marginalisés, insultés, peu importe! Ils sont, aujourd’hui, les visages vivants du témoignage le plus vrai et de la résistance contre le libéralisme marchand et mortifère.

Car ne nous trompons pas! Que ce soit du côté des tenants d’un progressisme assumé auquel une gauche voudrait s’affirmer comme étant l’adversaire résolu d’un autre côté, ce ne sont que les deux faces d’une même réalité hideuse et haineuse envers l’Homme, la Femme, et l’Enfant. Pour les observateurs éclairés, celles et ceux qui défilent dans les rues de France – au moins depuis 2012 – sont les derniers défenseurs de la Démocratie et de la Liberté.

Dans une civilisation où la puissance scientifique et celle de l’argent (qui l’impose) deviennent une fin en soi, la nature humaine ne peut que s’abimer dans un néant ontologique. De cet anéantissement sortiront des maux encore plus grands qui écraseront bien plus qu’ils ne le sont aujourd’hui, le pauvre, le migrant, la femme abandonnée, l’homme handicapé, l’orphelin… Ne nous trompons pas de perspective: il n’y a pas de combat juste sans une juste vision de l’Être humain. À vouloir faire disparaître les derniers témoins et résistants de cette lutte qui nous dépasse tous, il ne restera que, face à face, les haines issues des rapports de l’argent, de l’atomisation des individus et de l’archipelisation de notre société.

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Lundi 16 décembre 2019: Jean-Paul Delevoye démissionne

On n’oubliera pas que Jean-Paul Delevoye fut ce président du CESE qui mit à la poubelle une pétition de La Manif pour tous de 700 000 signatures contre le mariage gay.

L’homme, toujours « honnête », de l’actuelle réforme des retraites est aussi celui qui s’acharne à détruire une véritable politique de la Famille tout en recommandant d’accueillir des millions d’immigrés.

Pauvre homme

Act-Up ou la haine militante

Act Up condamné pour avoir injurié publiquement La Manif pour tous, Le Parisien, 27/11/2019

Ludovine de La Rochère

Le tribunal correctionnel de Toulouse a estimé mardi que le slogan « Manif pour tous homophones assassins complices du SIDA » relevait de l’injure publique. « Je suis insultée en permanence. Au bout d’un moment, on ne peut plus laisser passer ça. » Ludovine de la Rochère, présidente de La Manif pour tous, nous résumait ainsi son état d’esprit, quelques jours avant le procès de l’ex-présidente d’Act Up Sud-Ouest pour « injure publique » qui s’est tenu le 10 septembre à Toulouse (Haute-Garonne).

Le délibéré rendu mardi par le tribunal correctionnel a donné raison à Ludovine de la Rochère. Les magistrats ont considéré que le slogan « Manif pour tous homophones assassins complices du SIDA », inscrits sur une banderole et plusieurs affiches déroulées et brandies en mai 2017 dans la Ville rose par des militants d’Act Up, constituait une injure publique. Louise Loudriou, l’ex-présidente d’Act Up Sud-Ouest, qui était l’unique prévenu au procès, a été condamnée à une amende de 300 € avec sursis, ainsi qu’à verser 1 € symbolique à l’association La Manif pour tous et 1 000 € pour les frais de justice.

La Manif pour tous, qui s’était fait connaître en protestant dès 2012 contre la loi sur le mariage pour tous, au nom des valeurs de la famille traditionnelle, avait porté plainte avec constitution de partie civile suite à des faits survenus le 30 mai 2017. Jour où l’association avait organisé à Toulouse une rencontre pour débattre de la PMA et de la GPA. « Quand nous sommes arrivés devant la salle, il y avait des militants d’Act Up qui empêchaient la tenue de la conférence. Ils étaient tellement violents que nous avons dû faire la conférence à un autre endroit », nous indiquait Ludovine de La Rochère avant le procès.

« C’est en condamnant que le juge sauvegarde la liberté d’expression »

Jointe également avant l’audience, Louise Loudriou réfutait ces accusations de violence. « C’était une action de visibilité qui ressemblait à toutes celles que nous avons l’habitude de faire. On prépare des slogans dénonçant l’homophobie et on utilise du faux sang. Ce n’était pas violent, on était même sur le trottoir d’en face. On a toujours fait ça depuis 2013. Ce sont des contre-rassemblements pour montrer qu’on est contre les idées de La Manif pour tous », argumentait la militante.

Le tribunal était de toute façon chargé de statuer sur des mots, et non sur des actes. Il n’a pas suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé la relaxe de la prévenue. La militante avait du reste assumé le slogan incriminé à l’audience. « En condamnant Louise, c’est la lutte contre le SIDA et les discriminations LGBTI-phobes qui est bâillonnée. Nous renouvelons notre entier soutien à Louise qui va faire appel de cette condamnation », a réagi dès mardi Act Up Sud-Ouest sur Facebook.

De son côté, La Manif pour tous estime « qu’il est des cas où c’est en condamnant que le juge sauvegarde la liberté d’expression. » « Si l’on tolère que, en cas de désaccord, chacun puisse se mettre à hurler des injures pour faire taire l’opposition, c’est l’existence même du débat qui disparaît et la société qui devient impossible », développe Ludovine de La Rochère, dans un communiqué ce mercredi.

Par Geoffroy Tomasovitch

Dimanche 6 octobre 2019

« PMA pour toutes: l’ampleur de la manifestation remobilise les opposants », Le Figaro, 07/10/2019

Conservative groups protesters demonstrate against a reform bill in Paris

Dimanche, le défilé à Paris a réuni 600.000 manifestants selon les organisateurs, 74.500 selon le cabinet indépendant Occurrence. De nouvelles dates sont d’ores et déjà annoncées. Mariannes coiffées d’un bonnet phrygien, familles avec enfants en poussette, grands-parents, grappes d’étudiants… les opposants à la PMA pour toutes ont battu le pavé dimanche après-midi à Paris dans une ambiance proche de celle des premiers rassemblements de 2013 contre la loi Taubira. En fin de défilé, le compteur des organisateurs, sur les écrans géants, s’est arrêté sur le chiffre de 600.000 personnes, sous les acclamations de la foule. Un «pari gagné», selon les 21 associations organisatrices de l’événement. Le cabinet indépendant Occurrence, lui, a compté 74.500 personnes. La Préfecture de police a de son côté chiffré à 42.000 le nombre de manifestants.

Dans la soirée, ces chiffres ont entraîné un début de polémique. La Manif pour tous a jugé l’estimation donnée par les autorités «en contradiction avec les échanges opérationnels» avec la Préfecture de police. Elle a demandé un accès aux vidéos de la Préfecture sur l’ensemble des itinéraires de la manifestation. Pour rappel, la première manifestation contre la loi Taubira de novembre 2012 avait réuni 200.000 manifestants, selon les organisateurs, 70.000 selon la Préfecture de police. «Cette manifestation, c’est un avertissement au gouvernement, s’est exclamée la présidente de La Manif pour tous, Ludovine de La Rochère. Ouvrira-t-il le dialogue ou restera-t-il, comme Hollande en 2012, dans le mépris?»

Au départ du défilé, devant le jardin du Luxembourg, un choix impressionnant de pancartes et de drapeaux était proposé: «Un vrai daron, pas des échantillons», «La médecine? C’est pour soigner!», «Liberté. Égalité. Paternité». Nombre de participants avaient ressorti leurs anciens sweat-shirts bleu et rose de leurs placards, comme Nghia, un professeur d’histoire-géographie de 54 ans de Cognac, membre «des bataillons historiques» de La Manif pour tous. «Les combats que nous menons seront peut-être perdus. La GPA finira sans doute par arriver. Mais il faut se battre car il s’agit d’un choix de société majeur, d’un choix anthropologique face auquel nous ne pouvons rester silencieux», explique-t-il.

«Je ne me serais pas vue choisir mes enfants sur catalogue. C’est dramatique ce que l’on propose à nos petits-enfants», soupire Hélène, une ancienne infirmière de 66 ans, venue de Cannes. Un peu plus loin, place de la Sorbonne, ce sont des féministes de gauche du CoRP et le collectif des Poissons roses qui se sont réunis contre la GPA. Un rassemblement organisé au dernier moment, après le «choc» du vote d’un amendement qui facilite la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger et de l’arrêt de la Cour de cassation reconnaissant le «parent d’intention». «Nous n’irons pas marcher avec La Manif pour tous, mais nous sommes là pour dénoncer la marchandisation de l’humain et l’injonction à la procréation», explique l’historienne et militante Marie-Jo Bonnet.

Devant le Sénat, les tubes Résiste, de France Gall, ou Parler à mon père, de Céline Dion, se succèdent. Les participants scandent «Un père, une mère: c’est élémentaire». Un jeune homme revêtu d’un gilet jaune orné d’un Sacré-Cœur plaide pour une convergence des luttes: « L’extension du domaine du marché, c’est une thématique jaune », relève-t-il. Les organisateurs ont souhaité faire passer les manifestants devant ce lieu symbolique du débat parlementaire pour dire que «rien n’est encore joué». «Les gens de la droite classique disent que c’est perdu d’avance. Il faut y aller ou non?», interpelle un sexagénaire vêtu d’un Barbour, alors que le cortège s’élance rue de Vaugirard. La rue, étroite, se transforme en goulet d’étranglement du défilé. En milieu d’après-midi, une partie des manifestants est dirigée vers un itinéraire bis pour rejoindre Montparnasse. D’autres rentrent chez eux.

Jeanne, étudiante en ergothérapie, a customisé son sac avec le titre de la chanson de Stromae Papaoutai. Elle est venue défendre «nos valeurs morales», «comme Jeanne d’Arc l’a fait il y a quelques siècles». Aline, jeune médecin, manifeste pour la première fois, une pancarte à la main: «Employer la médecine et l’argent public pour lutter contre l’infertilité, oui. Les utiliser pour priver certains enfants de leur père, non.» Présent dans les rangs, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, s’alarme quant à lui de «la mise en péril de nos fondamentaux».

Agnès Thill, la députée exclue de LREM, notamment pour son opposition à la PMA pour toutes, est très entourée et félicitée. «Il n’y a aucune couleur politique sur ce sujet, s’exclame-t-elle. C’est une question philosophique, et je suis ravie de défiler entourée de députés d’autres sensibilités politiques. Car déstructurer la filiation, ça pose un vrai problème!» Puisqu’elle n’a «pas de temps de parole à l’Assemblée», la députée apparentée RN Emmanuelle Ménard va «saisir le Conseil constitutionnel sur le caractère non démocratique du débat dans l’Hémicycle». Un peu plus loin, le député Julien Aubert, candidat à la présidence des Républicains, affirme qu’ « il ne faut pas avoir la droite honteuse»: «Moi, je viens parce que mon slogan c’est Oser la droite. »

Les organisateurs attendent désormais «des réponses du gouvernement». «S’il s’entête, il nous trouvera sur sa route!, a martelé le vice-président de La Manif pour tous, Albéric Dumont. Avant d’inviter les participants à réserver le dimanche 1er décembre, date de la prochaine manifestation. D’autres suivront peut-être, «en fonction de l’attitude du gouvernement».

Stéphane Kovacs et Agnès Leclair